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La girelle

La girelle

La girelle

Mieux la connaître pour mieux la pêcher.

La girelle, scientifiquement dénommée « Coris Julis », abonde sur nos côtes. Elle est des plus pêchées et demeure d’ailleurs le poisson traditionnel de la pêche à la palangrotte.
La girelle vit près des côtes, sur des fonds de roche, dans les prairies et dans les herbiers de posidonie. Elle s’enfouit dans le sable la nuit, même parfois dans la journée pour se protéger.

Nous distinguons 3 types de girelle :

  1. La girelle femelle, la plus petite en taille, mesure de 7 à 11 cm environ .Son ventre blanc et son dos rouge orangé, voire brun, l’habillent.
  2. La girelle mâle, ou girelle royale, plus grosse en taille que la femelle, fait de 11 à plus de 20 cm. Ses couleurs sont vives : de son ventre blanc à son dos brun, des bandes en dents de scie partent de la queue jusqu’à la tête ; elles alternent le vert jaunâtre, l’orange vif, jusqu’au violine parfois. Ses nageoires sont noires.
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  1. La girelle paon, peu abondante sur notre littoral Sanaryen, est rayée de vert horizontalement et verticalement, formant ainsi un carroyage. Sa tête rouge orangée est grimée de tâches, de lignes bleu-marine. Noire est sa nageoire dorsale.

Parait-il qu’au large des Magnons, sur les Basses Moulinières, en eau profonde, vous pouvez en ferrer.

Les girelles se nourrissent la journée de vers, de petits crustacés, de gastéropodes, de petits oursins. Compte tenu qu’elles ne possèdent pas d’estomac, elles broient et mâchent finement leurs proies.

Je vous suggère une expérience :

  • Quand vous nagez avec votre masque, amusez-vous à ouvrir un oursin et observer à quelle vitesse les girelles dévorent le corail.
  • Il semblerait que les girelles soient attirées par la couleur rouge ; je ne sais pas si cette particularité a été vérifiée scientifiquement, mais souvenez-vous en, nous en parlerons plus loin.

Quand la température de l’air et de l’eau augmentent, la girelle se rapproche des côtes pour se nourrir et demeurer à l’abri de ses prédateurs (bon à savoir ?). Une grande particularité de ce poisson est la possibilité de changement de sexe durant sa vie. La girelle naît femelle, mais elle pourra devenir mâle. Les savants dénomment ces poisons « hermaphrodite protogyne »

Commençons par son mode de vie.

Le mâle, girelle royale, vit entouré de girelles femelles, ses favorites comme dans un harem. Il ne tolère pas la venue d’autres mâles conquérants dans son royaume.
La hiérarchie entres femelles favorites, reproductives et jeunes girelles est donc respectée. Parfois des conflits durent.
Le mâle ensemence ses favorites durant les mois de juillet et août, ceci lors d’un ballet où les frottements et les contacts libèrent le sperme reproducteur.

Mais alors que se passe t- il quand nous pêchons une girelle royale ou qu’un prédateur vient l’avaler ?

En quelques heures, une des favorites du harem devient mâle. Sa robe se transformera, ses zébrures orange apparaitront quelques semaines plus tard, puis ses testicules se développeront. Elle deviendra mâle. Cette girelle royale assurera donc la reproduction et la surveillance de son royaume.

Si vous avez la chance de pêcher une royale de bonne mesure

Déclarez sans vous tromper que cette zone est peu pêchée, sans prédateur !
A titre personnel, rentrant du Brusc, j’ai jeté ma palangrotte « esquée » au limaçon à la pointe du cap Nègre, j’ai eu le privilège de remonter plusieurs girelles royales proches des 20 cm.

Mais alors comment la pêcher ?

Plusieurs méthodes :

La plus classique, à la palangrotte équipée de 3 avançons ; un hameçon de 14 (certains le positionne sous le plomb) ; sur les deux autres du 12 ou du 14.
Un conseil n’hésitez pas à remplacer souvent l’hameçon.
La pêche en dérive est conseillée (nota : d’autres préfèrent le poste fixe) ; elle traverse les harems si elle reste lente.

Le matin il vaut mieux pêcher au large et se rapprocher de la côte à mesure que le soleil monte et réchauffe.
Pour les appâts, les esches classiques dures et demi-dures sont des menus de choix pour dame girelle.
Vous pouvez aussi appâter avec des limaçons. C’est gluant, mais la voracité des girelles royales vous récompensera certainement.
Vous pouvez opter pour des vers de terres, des piades, des piadons, des escavennes.
Un Sanaryen, boucher de métier, pêchait les girelles au morceau de bifteck.

Quant aux lieux de pêche, il faut écarter les fonds sableux, préférer les fonds rocheux et herbeux, choisir les tombants, les pointes, comme la Cride, les Magnons, la pointe de Mourret, la pointe de Mal Dormi.
Les praires ou les ragues comme la Mangerie des Loves (entre le Gaou et les coffres), ou la partie sud du Rouveau, sont à retenir.

La pêche aux gireliers :

nasses sphériques légèrement aplaties en osier (amélanchier, myrte), parfois en grillage zingué.
Cette nasse possède son entrée sur le dessus, car la girelle se déplace en zig-zag, souvent verticalement, surtout pour se jeter sur une nourriture.
Pour bien pécher avec le girelier (attention : le nombre de gireliers à caler est règlementé), le nourrir de moules écrasées, légèrement cassées. Un petit secret, ajouter aux appâts un oursin que vous aurez légèrement ouvert d’un coup de couteau.
Sans oursins, les anciens ajoutaient à l’appât une tomette provençale, un bout de brique ou un morceau de tomate ; le rouge attire les girelles, disaient-ils ? Mystère ?
Les gireliers se calent sur des haut fonds, sur des pierres (les Basses Reinettes par exemple, près des tombants). Il faut les remonter souvent et régulièrement.
Il se peut qu’un girelier ne pêche pas : soit son entrée est trop petite, soit il craque (premier mouillage). Il se peut que l’orin qui le relie au signal vibre sous l’effet du courant. C’est son premier mouillage, dégage-t-il des bulles ?
Le bruit repousse notre dame girelle.

Une autre méthode : la balance

Méthode très efficace, fatigante et mouillante.
Je ne suis pas sûr que cette pratique de pêche soit toujours autorisée.
Comme la balance pour la pêche aux crevettes, la balance se compose de 3 cerceaux de différents diamètres. Un filet à mailles fines forme une poche autour des anneaux.
On remplit le bas du filet d’appâts, on descend doucement jusqu’à ce que les 3 cercles reposent à plat sur le fond.
Du pointu, au travers d’une boite munie d’une vitre, il ne reste qu’à surveiller.
Dès qu’un nombre intéressant de girelles nagent sur la balance ou dévorent les appâts, on remonte à toute vitesse la balance (celle-ci se comporte comme un filet de chalut en quelque sorte)
Il suffit enfin de trier le poisson sur le pont du bateau : c’est plus que rigolo !

Voilà. Il ne vous reste plus, après avoir fait pêche, de préparer et savourer une bonne soupe de poissons.
Vous pouvez aussi faire frire, entières les plus grosses girelles.

Michel Labarthe de la Clapassude.
- Mes références personnelles et familiales
- Mes références bibliographiques :
* Entre mailles et filets de François Marty
* Mer vivante 15° édition du Lions Club……..



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Mis à jour le dimanche 13 août 2017